L’année dernière, presque à pareille date, je vous faisais l’éloge d’une exposition de diverses photos se situant autour du lac des Nations, au cœur du centre-ville de Sherbrooke, et qui avait pour thème l’environnement. Cette année, il me fait grand plaisir de vous faire découvrir à nouveau cette exposition à ciel ouvert qui se veut un bel hommage aux gens de Sherbrooke et de différents horizons. Présentée par le Musée des beaux-arts de Sherbrooke, la Ville de Sherbrooke et le Comité Arts et Culture Jacques-Cartier l’édition 2020-2021 de Parcours Photo intitulée Humains d’ici et d’ailleurs est touchante, bouleversante, attendrissante et arrive très bien à vous faire passer par plusieurs gammes d’émotions. Répartie en trois lieux, cette série de photos vous fera voyager, vous fera vivre des réalités qui échappent à notre quotidien et vous présentera des gens aux multiples parcours tout aussi inspirants les uns que les autres.

Les gens de chez-nous sont des gens de cœur*

Connaissez-vous la page Facebook Humains de Sherbrooke, fondée en 2017 ? Calquée sur le modèle Humans of New York, celle-ci regroupe, à l’image du la page Facebook de la métropole américaine, des photos et des histoires des gens que vous pourriez croiser sur la rue. Chaque personne possède son propre vécu qui mérite d’être raconté et c’est justement leurs histoires et leurs passions que vous découvrirez accompagnées de leur merveilleux sourire.

Je pense entre autres à cette infirmière possédant 50 ans de métier en tant qu’infirmière et qui nous communique son ardent désir d’aider son prochain; ou bien à cet homme prenant la pose devant la rivière Magog qui nous partage son chemin souvent rempli d’embûches mais qui s’en ai sorti avec une force incroyable et avec une belle foi en l’avenir. Il y a aussi cette jeune personne handicapée qui a su transformer son handicap en puissant moteur de dépassement de soi. Inspirant, n’est-ce pas?

Titre inspiré du poème de Gilles Vigneault Les gens de mon pays, 1965

Ces gens d’ailleurs

Des instants immortalisés sur images, des moments figés dans le temps, des scènes de la vie humaine tout ceci déferlera sous vos yeux tout le long de vos déplacements de photo en photo. Cuba, le Sénégal souvent des destinations prisées par le gens. À défaut de pouvoir vous y rendre par les temps qui courent, ce sont leurs citoyens qui passeront vous faire une petite visite; histoire de partager, avec vous, un brin de leur quotidien. Et, croyez-moi, ils savent très bien comment vous charmer!

Vous ne pourrez qu’être émerveillé devant les rires de ces enfants cubains profitant de la vie assis en groupe sur les marches de leur école. Et que dire de la photo de cette maman remplie d’amour pour son enfant dans un paysage sénégalais. L’amour! C’est vraiment ce que j’ai ressenti émaner de ces photos. L’amour sous toutes ses formes. Au Nunavik, où les photographies vous amèneront pendant votre balade, j’ai cru percevoir un grand respect autour des personnes âgées, autour de leur sagesse et de leur enseignement ainsi que l’importance de leur présence auprès de leurs petits-enfants. Les valeurs familiales, la franche camaraderie dans les moments joyeux ou quand l’adversité frappe à la porte … c’est aussi cela que vous verrez!

Ces ailleurs qu’on ne voit pas toujours

Si je vous parle d’adversité, c’est que j’ai en tête cette photo prise au Bangladesh où des hommes sont rassemblés côte à côte avec la pauvreté comme vêtement et pour seul quotidien mais avec une lueur dans leurs yeux qui semble dire : Ça va, il y a de l’espoir!

Je suis restée sans mot devant cette autre image où une maman mendie pour nourrir ses enfants alors que l’un d’eux fait un spectacle afin d’attirer les quelques sous qui serviront à lui remplir le ventre. Le travail épuisant est bien représenté par cette femme mécanicienne qui ne compte plus ses heures au boulot tellement les journées ne semblent jamais finir. Décrire, l’indécrivable à l’aide d’un appareil photo, cela pourrait bien résumer un segment de cette exposition.

Hommage à deux photographes de l’Estrie

Le talent des photographes estriens, Stéphane Lemire et Marcel Morin, est indéniable. Ils ont su capter avec une belle sensibilité des moments d’éternité et de les présenter avec une telle intensité que chaque visiteur peut lire les photos et ressentir les émotions qui émanent d’elles.

 

 

Leur travail colossal est présenté gratuitement jusqu’à septembre 2021. Bon parcours!