Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke offre une intéressante exposition où la magie originelle de la photographie nous offre un voyage à travers le temps ! Le photographe René Bolduc, Sherbrookois spécialisé dans la photographie argentique, utilise une technique très ancienne, le collodion humide sur plaque d’aluminium qui donne une autre dimension au visuel. Cette expérience hors du temps, vous permet de remonter dans le passé le temps d’un cliché.

Si ce procédé photographique est  complexe, il nécessite de la patience. Encore humide, la plaque est insérée dans l’appareil photographique, puis exposée, ce qui rend la réalisation de cliché délicate, au risque de voir le collodion sécher et de rendre impossible son développement. Oubliez les correcteurs et les effets, les puristes retrouveront le début de la photographie, cette technique old school est pourtant le berceau de l’invention de la photographie qui à l’époque donnait déjà un rendu exceptionnel.

L’art et l’esthétique du collodion humide. Cette technique dite « ancestrale » remonte à 1850. Elle nous permet de comprendre, d’apprécier et de profiter différemment  de la production photographique à travers le contemporain, ce qui a amené le photographe à aménager une chambre noire à l’arrière même de son van.

« Dès que je vois un endroit qui me plaît, je m’arrête et je prends la photo. Ça crée un souvenir » !

L’artiste arpente les « terres reculées, les gens solitaires et les immortalise avant qu’ils ne se transforment ou disparaissent » en quête d’une photo rare dans des conditions où la nature ne le déçoit jamais. Un cliché qui souligne l’intensité du regard et la beauté des lieux inspirés des Cantons-de-l’Est.

C’est ce qui donne un charme intemporel et pratiquement éternel !

Créateur de souvenir indélébile, des portraits d’aujourd’hui, avec un style naturel montrant les traits des gens sous un autre angle comme patiné par le temps. Les mots de Mélanie Noël auteure et poète ont croisé tout naturellement l’émotion dégagée par les clichés, elle réussit à magnifier cette osmose naturelle que ces deux artistes entretiennent. Une approche poétique pour élargir l’émotion, un recueil mariant poésie et photographie. Les photos témoignent des vicissitudes de la vie, d’une époque, le tout conjugué à de jolis poèmes où résonnent la nostalgie de l’enfance, la mort et les rêves perdus.

Ce projet est né d’une rencontre à l’initiative de Richard Séguin qui leur a proposé ce partage d’émotions. Un rendez-vous entre l’art et la poésie, les mots et les images riment avec la beauté de l’expression et du ressenti. Ensemble, ils se sont lancés dans un projet ambitieux : Sensibiliser le public et augmenter leur notoriété avec comme projet  une exposition itinérante qui concrétisera leur nouveau rêve !

Les futurs disparus — « Sans que rien de toi ne s’efface en moi » 
Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke
Du 8 février au 31 mars 2019